Je sais pas ce que je fais avec toutes ces putains de feuilles volantes entassées dans mon bureau. Je sais pas si je les envoie ou non toutes ces putains de lettres écrites sur le bord de mon bureau, alors qu'il faisait déjà nuit et que Morphée aurait dû me prendre dans ses bras depuis longtemps. Il y a les vieilles, celles qui datent de la troisième, et les autres, celles d'octobre, novembre... Toutes celles-là, un peu complexe, pas vraiment claire, des lettres adressées à des gens pas forcément concernés. Quand je vois tout ça, je me dis que j'ai une vie énorme, pleine de rebondissements, un peu comme dans les romans à deux balles que je lisais, avant. Demain c'est repartit pour six mois de folies, de soirées, de discussions, de mattage, de DS, pas le droit à l'erreur sinon c'est la réorientation directe mes enfants. Alors je crois que c'est surtout partit pour six mois de taffe et d'attention en cours. Et pourtant ça me fait plaisir de reprendre le chemin du lycée, de revoir ces couloirs et ces gens que je ne connais pas vraiment. Bizarrement, j'ai l'impression que ma vie se déroule là-bas, et, c'est là-bas, que tout est possible, absolument tout. C'est dans ce bâtiment que je me plains, que je rie, que j'observe, que je rencontre et que ma vie « dehors » s'organise. C'est au lycée que je vie, et que j'existe aux yeux du monde.